PROPRIOCEPTION ET DYSPROPRIOCEPTION

 

 

NOTRE CORPS DANS SON ENVIRONNEMENT

 

Lors d’échanges sur les « troubles dys », on évoque souvent les troubles proprioceptifs. Mais qu’est-ce que la proprioception ?

Comprendre la proprioception, c’est d’abord comprendre comment nous gérons notre corps dans l’espace.

 Qui peut se douter de la complexité des mécanismes qui nous permettent de « tout simplement »

  • tenir debout ?
  • de nous équilibrer lors de changements de position ?
  • de nous déplacer ?
  • d’adapter nos mouvements dans leur amplitude et leur précision ?
  •  Ou tout simplement de « sentir notre corps dans l’espace », les yeux fermés ?

Grâce à la présence de nombreux capteurs périphériques, notre corps possède une sensibilité dite « profonde », la proprioception (perception de soi) :

- Des CAPTEURS SENSORIELS PERIPHERIQUES sont présents dans les articulations, dans les faisceaux neuromusculaires, ligaments et tendons, d’autres dans la peau dont la plante des pieds !

De façon permanente, ils adressent des signaux qui transitent par nos nerfs sensitifs vers notre moelle épinière puis, vers le cervelet et le cerveau.

- D’AUTRES ORGANES ONT UN ROLE DE CAPTEURS D’INFORMATION sur notre environnement, tels les YEUX, LE SYSTEME VESTIBULAIRE de l’oreille interne. Leur rôle est important dans la gestion permanente de notre corps dans l’espace.

Ensemble, CAPTEURS SENSORIELS PERIPHERIQUES et ORGANES SENSORIELS (yeux, système vestibulaire) vont adresser des messages immédiats vers notre CERVELET, véritable chef d’orchestre de l’équilibre, du tonus musculaire et de la coordination des mouvements automatiques et volontaires.

 

Ainsi, notre marche ne sera pas identique sur un sol plat ou en pente, lisse, accidenté, souple ou dur : nos pieds sentiront, ils « sauront » adapter leurs pas, notre corps ajustera positions et souplesse. Et nous ne saisirons pas de la même façon un objet volumineux, lourd ou un objet petit et léger qui serait broyé par notre main si notre geste ne se modulait pas ! Que dire des gestes à faire pour saisir une balle dans sa lancée ? Ils sont de « haute précision » à des vitesses grand V.

Nous nous sommes fait une entorse de la cheville ? La douleur est passée, elle semble guérie et pourtant, zut…on se retord la cheville en posant notre semelle sur un caillou, pourtant pas bien gros ! Les CAPTEURS PROPRIOCEPTIFS étaient encore mal guéris, ils n’ont pas adressé le message qui va rectifier la réponse des tendons et ligaments en voie de guérison.

On songe peu, on évoque peu les TROUBLES DE LA PROPRIOCEPTION qui pourtant peuvent accentuer (ou être responsables parfois ?) des troubles dits dys…

Exemple : Ataxie proprioceptive

L’atteinte des nerfs sensitifs ou des faisceaux empruntant la moelle épinière adressant les signaux périphériques des capteurs proprioceptifs va réduire ou supprimer « la sensibilité profonde ». Le cervelet ne recevra plus les messages nécessaires à la régulation du tonus musculaire, à la coordination motrice et à l’équilibre.

A l’extrême, la personne ne perçoit pas le sol, il « n’existe pas », elle ne perçoit pas les mouvements de son corps dans l’espace, ne peut bâtir son « schéma corporel ».

La fermeture des yeux, l’obscurité, aggravent fortement les troubles, pouvant provoquer la chute brutale.

Rattraper une balle ?

On a par exemple observé que pour rattraper une balle, le suivi du regard est important (information spatiale adressée vers les mains) mais que des informations seront aussi adressées- par la proprioception- des membres vers les yeux pour diriger les saccades oculaires. Ne parlons pas de l’équilibre nécessaire et de contrôler les gestes coordonnés des mains ! Ceci démontre combien les mécanismes gérant nos mouvements sont imbriqués.

Exemple : SDP ou "Syndrome de Dysfonctionnement Proprioceptif"
Cette entité est certainement sous-estimée dans l'approche des "troubles dys" dont les dyspraxies visuo spatiales.

 

Certains examens médicaux , réalisés en neuropédiatrie , en neurologie, peuvent mettre en évidence ces atteintes de « la sensibilité profonde ». Il en existe bien sûr des degrés divers. Et pour des « formes légères », souvent ces examens ne sont pas réalisés.

Les examens orthoptiques vont repérer des atteintes oculomotrices et neurovisuelles.

PS : Elles sont connues, par exemple, dans le SED ( Syndrome d’Elhers Danlos), du fait d’une structure particulière du collagène, un constituant majeur de nos articulations.

Prises en charge (liste non exhaustive):

Il en existe diverses dont :

- ergothérapie : certains ergothérapeutes sont formés à l'intégration neurosensorielle (INS/IS).

-prises en charge POSTURALES (mise en place de semelles, mais pas n'importe quelles semelles !)

- Orthoptie dont exercices oculomoteurs et de stratégie du regard.

- Prismes oculaires (dans les verres de lunettes) à partir de mesures extrêmement précises.

- soin de l'appareil manducateur ( mâchoire-dents- langue et palais) car une dysproprioception à ce niveau se répercute sur la posture et l'oculomotricité ( dentiste et orthodontiste posturologues).

 

Régine Salvat

 

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© Estelle Rivray - Isabelle Legris - Régine Salvat