Le CECRL interprété par Stéphanie Crescent-Brousse

L'enseignement des Langues en Europe est encadré par un texte appelé le CECRL. Toutes les langues et tous les pays européens sont inclus et concernés.


Ce document établit quelques grands principes :
- l'enseignement par projets
- la pédagogie Actionnelle
- l'évaluation par compétences
- la division des disciplines en Activités Langagières.

 

J'explique : l'élève qui apprend une langue doit être stimulé pour en faire l'expérience et donc pour pouvoir s'engager à comprendre et à parler. Pour ça, il doit pouvoir agir et c'est la responsabilité de l'enseignant de créer les conditions de cette action ou de cette expérience qui doit être transférable dans la vie réelle. Bref, ce qu'on apprend doit être utile et l'élève doit s'être exercé à parler en classe! Du coup, on travaille en mode projet (présenter un poster, commenter un PowerPoint sur une ville, débattre après un micro-trottoir, etc...)

On a divisé la discipline en 5 sous-parties et au Brevet français (3e soit 15 ans) par exemple, les élèves sont évalués séparément dans les 5 parties. On devrait ne pas faire de moyenne des 5 et entraîner les élèves jusqu'à ce qu'ils réussissent a obtenir la moyenne dans chaque partie. C'est l'esprit du texte, on recommence jusqu'à réussir à atteindre le niveau.


Les 5 parties de la discipline LV :


- Listening (compréhension orale : prouver qu'on comprend ce qu'on entend)
- Speaking (expression orale en continu : faire un exposé en anglais pendant 2-3 mn)
- Reading (compréhension d'un texte écrit)
-Writing (expression écrite)
- Speaking in pairs (dialoguer ou débattre)

 

A présent, parlons dys...


Listening peut être un souci pour les dyslexiques auditifs par exemple MAIS on travaille la phonétique et la discrimination auditive en classe et un bon enseignant ne reprochera jamais à un élève son manque d'oreille, car il lui permettra de l'entraîner en repérant les accents et en expliquant les sons. S'il est entraîné, mon dys- comprend en général assez bien. Mais il ne faut pas l'embêter quand on lui demande de prouver qu'il a compris! Il doit pouvoir soit expliquer en français lors de l'évaluation, soit exprimer par un dessin, ou devoir montrer des éléments sur une image ou remettre les images de l'histoire entendue dans l'ordre par exemple. Il ne doit pas être mis en difficulté d'expression sinon on évalue la compétence d'Expression ie expression ecrite ou orale.

 

Pour le Reading, le prof serait bien inspiré de lire lui-même a haute voix le texte puis les questions à toute la classe. Ça a des tas de vertus, notamment de stimuler les circuits cérébraux de la lecture chez nos dys. En plus, on ne vérifie pas la qualité de lecture ni la vitesse de lecture des élèves mais leur compréhension plus ou moins fine du texte. Bref, le coup de pouce pour aider a rentrer dans le texte aide tout le monde! Après, ils font leurs repérages seuls, ok!

 

Quant au Writing, ie la compétence rédactionnelle, je n'ai personnellement jamais pénalisé l'orthographe car ce sont les anglophones qui ont inventé WORD et qui, IRL (in real life) comme ils disent, vont être corrigés par le correcteur d'orthographe! On va quand même pas être plus royalistes sur les sujets de sa Majesté!!!


On n'évalue pas l'orthographe mais la qualité de l'anglais, la construction du sens, la richesse lexicale et la correction syntaxique ainsi que la réponse au sujet et la structure du texte. Vous voyez bien qu'on a autre chose à évaluer. Il se peut qu'on enlève quelques points pour marquer une réticence à surévaluer une production qui n'est pas parfaite ("Dou illou laik aille ti?" Que j'ai lu l'an dernier, ça met du temps a corriger : Do you like IT (la techno)), il faut un peu indiquer que ça coince quand même. Cela demeure la liberté de l'enseignant.

 

Texte écrit par Stéphanie Crescent, professeur d'anglais au collège et auteur de l'ouvrage "Tous intelligents ! Aider son enfant à l'école"

 

Merci Stéphanie pour ce partage!

 

 

 

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