Quel cochon!!!

 

Cet article concerne les élèves diagnostiqués avec trouble des apprentissages. Si vous avez un élève non diagnostiqué qui présente ce type de symptôme, contactez l'infirmière scolaire ou le médecin scolaire pour avoir un avis professionnel et peut-être envisager un bilan.

 

Votre élève est donc dyspraxique, dysgraphique, dyslexique, dysphasique ou TDA/H ?

 

Vous regardez son cahier et vous remarquez de nombreuses ratures, la page cornée, une écriture hors des lignes, des taches d'encre. Un travail bâclé...

 

En voyant cela, votre sang ne fait qu'un tour. "Ce n'est pas possible! Il le fait exprès, aucun effort! Comment peut-on être aussi COCHON!!

Il pourrait vraiment faire un effort! En faisant un peu plus attention, il ne peut que mieux faire!"

 

Vous décidez donc de déchirer la page pour qu'il recommence.

Et là, MIRACLE ? Il vous rend une page presque propre!!! En tous les cas, il y a de sacrés progrès.

 

"TU VOIS, QUAND TU VEUX, TU PEUX!"

 

En effet, pendant ce laps de temps, l'enfant, embêté de devoir recommencer, alors qu'il a déjà fait des efforts énormes la première fois, va utiliser toute son énergie pour recommencer au mieux afin de faire plaisir à sa maîtresse.

 

Quelle erreur! On lui a fait croire qu'il suffit qu'il fasse plus d'effort pour y arriver. Chaque fois. Sauf que certaines fois, il ne pourra faire mieux. Et cet enfant comprend qu'on le prend pour un paresseux... mais lui n'en peut plus. il est maintenant en situation d'épuisement. Découragé à l'idée que chaque fois il devra recommencer. Avec le risque d'échouer malgré tous ses efforts.

 

De même, afin d'améliorer son écriture, l'enseignant décide de faire faire des lignes à l'enfant. Convaincu qu'avec de l'entrainement, l'écriture s'améliorera.

 

Cette technique est peine perdue et fatigue réelle pour ces enfants différents.

 

Il est ancré dans nos habitudes d'enseignants que plus on travaille une notion, plus on la maitrise : c'est ce que l'on appelle l'automatisation.

Or, les troubles dys sont reconnus comme des handicaps, c'est-à-dire qu'ils ne se guérissent pas. L'enfant dyspraxique, par exemple,  n'automatisera jamais le graphisme, c'est par définition neurologiquement impossible. L'enfant dyslexique ou dysphasique se trompera dans l'orthographe, oubliera des mots. L'enfant TDA/H très vite perdra le fil du texte, des mots, des fragments...

 

Demander à un élève dys de recommencer, de répéter en copiant des lignes, n'apportera que souffrance et épuisement empêchant tous les autres apprentissages. Nombreux sont les enfants dys qui rentrent épuisés le soir, ne pouvant plus apprendre leur leçon car ils sont en surcharge cognitive.

 

S'acharner n'apportera rien, au contraire.

Pour ces enfants, soyez tolérants et permettez-leur d'écrire le moins possible afin qu'ils puissent garder leur capital attentionnel pour tous les autres apprentissages.

Texte à trous, photocopies, clé USB, votre élève doit pouvoir écouter puis  récupérer une leçon lisible pour pouvoir comprendre puis apprendre ses leçons.

 

L'écriture n'est qu'un outil, ouvrez leur la voie vers les autres apprentissages qui seront de bien plus haut niveau! L'usage d'un ordinateur , véritable outil, sera souvent une solution possible.

Vos élèves dys sont des enfants intelligents, permettez-leur de vous le montrer.

 

Cette article est bien entendu une caricature mais qui parfois peut devenir proche de la réalité. Faisons en sorte que tous les enseignants réalisent l'importance de ne plus utiliser de tels procédés.

 

 

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© Estelle Rivray - Isabelle Legris - Régine Salvat