TROUBLES DYS, TDA/H  ET  MEMOIRE DE TRAVAIL (MT)

 

 

 

Dans nombre de publications, est évoqué un DEFICIT DE MEMOIRE DE TRAVAIL chez des enfants touchés de troubles dys. Dont les enfants TDA/H (troubles de l'Attention avec ou sans hyperactivité) ou atteints de troubles dysexécutifs.

 

Mais savons nous de quoi il s'agit ?


Quand on interroge quelqu'un et qu'on lui demande ce que signifie pour lui le mot "mémoire", la réponse commune et immédiate est " retenir, se souvenir". Avec sous-jacente la notion de temps : longtemps ! On ne peut soupçonner qu'il existe une mémoire essentielle à toute tâche, une mémoire qui dure quelques secondes...Essentielle à chaque instant.

 

On l'appelle " mémoire de travail".

 

Il est difficile d’illustrer cette notion, car cette mémoire n’est pas dédiée à stocker une information mais bien à la véhiculer en quelques secondes le temps de la traiter correctement. Son rôle est primordial pour réaliser « vite et bien » une tâche. Elle peut être soit « débordée » du fait d’un trouble dys, soit dysfonctionner. Il existerait une MT verbale, une MT visuelle ou visuospatiale, une MT kinesthésique.
 Le mieux est de vous proposer une illustration pratique de la MT ! L’exemple choisit illustre une MT à la fois visuelle, visuo spatiale et…verbale (même en lecture silencieuse).

 

« Exemple : langage écrit

 

Lorsque l’enfant lit par assemblage (soit parce qu’il est en début d’apprentissage, soit parce que, plus âgé, il n’accède pas à une stratégie de lecture), il doit garder en mémoire de travail, jusqu’à la fin du mot, chaque élément déchiffré, afin de pouvoir en « assembler » les différents constituants, reconstituer l’ensemble et accéder au sens :

« /pi/…/ra/…/teu/ » (= 3 éléments en MT) va former « /pirate/ »

 

Si l’accès aux correspondances graphophonologique est lent ou incertain, certains éléments peuvent être perdus (le jongleur laisse tomber tout ou partie des balles) : chaque consonne et son est d’abord lue puis assemblée à la voyelle : « /pe/…/pi/…/re/…/ra/…/te : » (3 à 4 secondes ). Ce type de séquence déborde largement les capacités (normales) de la mémoire de travail du jeune qui, soit ne comprend rien, soit extrait les derniers éléments en y cherchant du sens ( /ra/te/ ? raté ? »), soit en « inventant » du sens à partir du début ( /pi ?...pire ? »).

 

De même la lenteur de lecture d’un texte peut ralentir le traitement successif des « unités-mots » et gêner ainsi considérablement la compréhension : lire suffisamment vite est une bonne condition de compréhension.(bien qu’évidemment, la vitesse ne soit pas à elle seule un gage de compréhension !) »

Extrait «  Le syndrome dys-exécutif chez l’enfant et l’adolescent », Alain Moret, Michèle Mazeau (Elsevier Masson).

 

Et pour compléter cette notion de MT, voici un extrait des propos de Pascal Poulois :

"Vous écoutez un discours tout en prenant des notes.

Vous effectuez toute opération mentale qui consiste à classer, organiser, ordonner, hiérarchiser, trier, comparer des données.

Lorsque vous parlez, on vous interrompt, puis après avoir répondu à cette sollicitation, vous reprenez au point où vous étiez. De la même manière, lorsque vous lisez un livre et que vous êtes interrompu, vous pouvez reprendre au paragraphe ou à la phrase où vous étiez.

Vous vous souvenez du début de cette phrase tout en la poursuivant, ce qui vous permet d’en comprendre le sens. Lorsque le texte intègre de nombreux pronoms, vous savez quels noms ou groupes nominaux ils remplacent.

Si vous êtes capable de telles performances, comme de nombreuses autres non listées ci-dessus, cela est dû à votre mémoire de travail V."

Pour approfondir, nous vous invitons à découvrir l'excellent site internet où Pascal Poulois nous explique et illustre cette mémoire, touchée chez certains enfants dys.

 

https://neuropedagogie.com/memoire-de-travail/

 

Régine Salvat

 

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© Estelle Rivray - Isabelle Legris - Régine Salvat